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AVIS DU DIRECTEUR

LES DECHETS, UNE SOURCE DE RICHESSE A DOUALA

    Selon le secrétaire générale du Mouvement des entrepreneurs du Cameroun, (MECAM), la quantité de déchets produit par jour par une population estimée à 3 500.000 habitants Moutila Beni Luc, (2009) dans la ville de Douala se chiffre à 3000 tonnes de déchets par jour. La société en charge de la collecte et du traitement a une capacité d’évacuation de 57% de ces déchets incluant les déchets dangereux et toxiques et les déchets industriels non dangereux ainsi que les déchets ménagers. Les 43% de déchets non collectés se retrouvent dans la ville jonchant les trottoirs et les caniveaux, les ponts, les chaussées, dans les quartiers obstruant les servitudes et autres coins du quartier. L’hétérogénéité de ces déchets démontre à suffisance leur complexité. La pollution visuelle qui en résulte est instigatrice de maladies, les fermentations de toutes sorte de certains de ces déchets entraine une inhalation nasale dangereuse et, parce que certains de ces déchets sont des aliments pour rats, la prolifération de ces animaux se fait remarquer et cause une compétition interspécifique entre les animaux ennemis de l’homme et l’homme proprement dit pour la ressource alimentaire, la conservation des objets et ustensiles à usage domestique. Il va s’en dire que le déversement de ces déchets dans les cours d’eau par effet d’érosion et de lessivage est une source de contamination par les maladies hydriques, le développement des larves d’anophèle vecteur de paludisme ce qui occasionne une augmentation de la prévalence de cette maladie. A côté de cela, on note l’obstruction des ponts et des caniveaux dans certains quartiers, source d’inondation, des habitations. Le spectacle est alarmant et les populations ne savent à quel sein se vouer.

        alors que le cadre normatif et réglementaire prévoit le droit à un environnement sain pour chaque citoyen, en témoigne la loi N°89/027 du 19 décembre sur les déchets dangereux et toxiques, motivée par la convention de Bâle sur le contrôle des mouvements transfrontières des déchets dangereux et de leur élimination ; et la loi N°96/12 du 05 août 1996  portant loi cadre relative à la gestion de l’environnement, loi qui en 2012 a fait l’objet au Cameroun du décret N°2012/2809/PM du 16 septembre 2012 fixant les conditions de tri de collecte, de stockage, de récupération, de recyclage, de traitement et d’élimination finale des déchets. Décret qui a son tour a fait l’objet d’une série d’arrêtés et d’arrêtés conjoint ministériels pour complété ce dispositif normatif et réglementaire en matière de gestion des déchets au Cameroun. Il s’agit de l’arrêté N° 001/MINEPDED du 15octobre 2012 fixant les conditions d’obtention d’un  permis environnemental en matière de gestion des déchets, de l’arrêté N° 002/MINEPDED du 15 octobre 2012 fixant les conditions spécifiques de gestion des déchets industriels ( toxiques/ ou dangereux) ; de l’arrêté N°003/ MINEPDED du 15 octobre 2012 fixant les conditions spécifiques de gestions des déchets médicaux et pharmaceutiques, de l’arrêté conjoint N°004/MINEPDED/MINCOMMERCE du 24 octobre 2012 portant réglementation de la fabrication, de l’importation et de la commercialisation des emballages non bio dégradables de l’arrêté conjoint N°005/MINEPDED/MINCOMMERCE du 24 octobre 2012 fixant les conditions spécifiques de gestion des équipements électriques et électroniques ainsi que de l’élimination des déchets issus de ces équipements. Ce cadre normatif et réglementaire mise en place tarde à prendre de l’effet dans la conscience des populations faute de sensibilité des populations à la sensibilisation en masse qui a suivi l’implémentation de ce cadre réglementaire. Et les effets externes au sens de la théorie de PIGOU (1920) prennent du large et continuent d’enfoncer les modes de vie des populations de la cité économique du Cameroun contraignant ainsi le droit à un environnement sain des populations qui est un droit fondamental, comme le souligne le chapitre II, article 5 de la loi cadre portant sur la gestion de l’environnement au Cameroun.

          Toutefois les déchets constituent une source de richesse à Douala en témoigne le nombre d’opérateurs privés implantés pour la collecte, le tri, le recyclage et l’élimination  finale de ces déchets qu’ils soient dangereux ou toxiques ou non dangereux. A côté de ces opérateurs privés, il y’a des ONG et Associations de défense de l’environnement qui font un travail important pour la préservation de l’environnement surtout le recyclage. C’est ainsi que les débris métalliques sont collectés, broyés par les méthodes artisanales et réutilisés pour la fabrication des tôles, des marmites des cadres métalliques des ventilateurs, les bouteilles plastiques et autres plastiques sont recyclés pour être réinjecter, dans la fabrication des matériaux comme les pavés pour l’aménagement du territoire, les objets personnels comme les sacs, les babouches les bracelets, les cartons sont recyclés pour la fabrication des alvéoles d’œufs. Dans ce chapitre, ce sont les déchets organiques ménagers biodégradables qui ont une large et panoplie d’utilisation. En compost, en condiment de cuisine, en charbon directement utilisable par les ménages. Dans ce sillage, KEMIT ECOLOGY qui s’inscrit dans l’atténuation des effets liés au changement climatique par la protection de nos forêts plus particulièrement les forêts de mangrove du Littoral qui, est un écosystème spécial à travers la fourniture aux ménages d’une solution énergétique alternative au charbon de bois se charge de lancer un concept nouveau et innovateur, source d’emploi et de développement durable en économie verte : «  LE MARCHE DES DECHETS DE DOUALA ». Ce concept passe par la sensibilisation des populations sur ce qu’elles gagnent dans le marché des déchets puisqu’elles sont estimées à 80% de générateurs  des déchets, des entreprises également qui en produisent et même celles qui collectent, tri et recyclent ou éliminent finalement les déchets ce qui permettra de faire de l’économie verte à travers la gestion des déchets le principal pourvoyeur d’emplois de demain, source de développement durable.

NANDOU TENKEU Müller

Chercheur en économie verte

Spc. Energies renouvelables                    

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